Politique forestiere nationale

La situation socio-économique du Rwanda fait que la grande majorité de la population qui est agri-éleveur dépende du travail de la terre pour sa survie. Pourtant non seulement la taille des exploitations agricoles familiales diminue suite à la pression démographique sur les terres (310 habitants/km² en 2002), mais aussi les sols se dégradent consécutivement à l’état du relief et à l’insuffisance d’application des techniques de protection des bassins-versants.

Parallèlement à cette dégradation des sols, on assiste au déclin et à la dégradation progressive des autres ressources naturelles. Or sans ressources naturelles suffisantes et de qualité (eau, sol, couverture végétale, etc.), les problèmes écologiques et socio-économiques en résultant conduiraient à une situation catastrophique sans précédents.

Parmi les ressources naturelles essentielles, les forêts jouent un rôle prépondérant dans la préservation de l’équilibre écologique (pérennité des écosystèmes) nécessaire à la vie sur terre. Mais au Rwanda, les forêts sont particulièrement importantes d’autant plus qu’elles contribuent grandement à la protection des bassins versants contre l’érosion, rendant ainsi possible l’agriculture, et à la satisfaction des besoins quotidiens fondamentaux en bois de plus de 96% de tous les Rwandais (bois de feu, d’oeuvre, etc.). Elles jouent également un rôle important dans l’accroissement direct des revenus des familles, des entités administratives et du pays en général, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. A ce titre, elles sont considérées comme un capital.
Plus particulièrement durant ces dix dernières années, les forêts ont connu une régression et une dégradation sans précédents : GISHWATI (95%), Parc National de l’AKAGERA (65%), NYUNGWE (7%) et la villagisation massive qui a au départ ciblé les terrains boisés comme sites privilégiés d’installation d’habitats et de coupe du bois à usages divers.
Même si la foresterie vivait ces moments de gloire, il n’existait pas de politique forestière.
En effet, les premiers essais d’élaboration d’une politique sectorielle forestière nationale datent de 1993, plus d’une décennie après la création de la Direction Générale des Forêts. Les activités forestières étaient donc conduites à partir de documents et textes opératoires (des sortes de plans) sans s’attarder aux grands objectifs ni aux principes directeurs d’une sous–entendue politique forestière.
Le projet de politique forestière de 1993 partait d’une insuffisance de ces plans d’actions qui ne disposaient pas de légitimité nécessaire pour justifier les inflexions à apporter à l’action publique.
Le projet de politique de 1993 dont les grandes lignes se voulaient développementaliste (développement équilibré et durable du pays) et globalisante (qui tient en compte l’ensemble des demandes) s’appuyait sur la gestion appropriée des ressources, la responsabilisation des utilisateurs à la gestion, la durabilité, la minimisation des risques écologiques et économiques, la conformité avec la loi, l’optimisation des moyens disponibles, la participation de tous les acteurs et le suivi – évaluation.

En 2003, la situation socio-économique s’est donc beaucoup détériorée et le contexte a beaucoup changé et est devenu moins favorable. Même si beaucoup de ces principes de 1993 restent valables aujourd’hui, il est cependant nécessaire d’en définir de nouveaux et surtout il faut fixer de nouveaux objectifs, trouver de nouvelles stratégies pour faire face au déficit en bois de plus en plus grave et à la détérioration inquiétante de la ressource sol, menace à la sécurité alimentaire.

Le présent projet de politique se préoccupe donc de ces problèmes mais aussi de la sécurité écologique et économique des boisements, de la recherche forestière, de la foresterie sous toutes ses formes, du renforcement des capacités en personnel (qualité et nombre) et du processus de désertification en cours dans certaines régions du pays.
Pour combler les lacunes constatées et faire face aux défis du moment, il convient de revoir la ligne de conduite existante en matière de gestion et d’utilisation des ressources forestières. Ceci constitue la raison d’être de ce document de politique forestière nationale.

 

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